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University of Ottawa

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BIOGRAPHIE

UNIVERSELLE,

ANCIENNE ET MODERNE.

PARTIE MYTHOLOGIQUE

MA-ZY.

^^^■^ V^'m.'V^^%.'W^^^*/^X.'%^'%'*-% v-v^

par:s, 1 Mrr»iMi rie de p. duiont Et laguiomf,

Ru« Je CrrocUc Si fîonort, a. S5.

BIOGRAPHIE

UNIVERSELLE,

ANCIENNE ET MODERNE.

P4RTIE MYTHOLOGIQUE ,

HISTOIRE, PAR ORDRE ALPHABETIQUE, DES PERSONNAGES DES TFMP^ HÉRliÏQUES ET DES DIVINITES GRECQUES, ITALIQUES, ÉGYPTIENNES, HINDOUES, JAPONAISES, SCANDINAVES, CELTES, MEXICAINES, CtC.

TOME CLN'QUANTE-CINQUIEME.

A PARIS,

CHEZ L.-G. MICHAUD, LIBRAIRE-ÉDITEUR,

RUE RICHELIEU, N, 67.

1333.

MYTHOLOGIQUE.

M

MA, c'cat-h-dire mire y la mère par excellence : Cybèle en Phrjgie. Ma, à.» Ma, que nous voyons souvent répété dans les tragiques, si- gnifie divine mère, déesse mère, Dea Mater. C'est de sans nul doule (et non de ycc f^uruc) qu'a élé formé Dàmàlàr , nona grec de Cérès. Mais de ce que Cérès a été nomr.:ée Dà- mâtàr il ne résulte pas qu'elle seule ait eu droit au titre de Ma ou de Ma, qu'elle seule Tait porté. A vrai dire , ce titre appartient a îa haute déesse Passivelé-Féconditë j peu im- porte sous quelle face on la consi- dère. En Phrvgie , ou pour mieux dire chez toute la race arméno- péiasgique habitante du plateau de l'Anadhouli, ce fiit la Terre-Monta- gne, la Terre-Cuoe, eu d'autres ter- mes, Cyhèle. La qualification de Ma, donnée h cette déesse, se trouve parfaitement en rapport avec celle d'Amma,père, doiince au helAtyssoû favori. Réa ( aussi la Terre , mais en Crète) s'appela de même Ma en Lv- die. Les Lydiens lui offraient des tau- reaux en sacrifice; et c'est a cette circonstance que fut le nom de Mastaure, Mxyrx'jpcc (de Mus Tuv- f9i), imposé à une ville qui fut dans l'origine un sanctuaire de la déesse. Enfin de Rée les mylliolntiucs , sui- vant leur usage, arrivèrent a une sui- vante de Rée. La déesse garda son nom j la suivante eut celui de Ma.

Ma, dit on, fut la nourrice (presque la mère) de Bacc'nus et ce dieu, ana- logue quelquefois à 3iars, reçut k cette occasion chez les Cariens le nom de Masaris, Maj-'^Ap^f, le Mars de Ma [Voy. Masaris).

MAAIN'AGARMOUR eu Hâté, énorme loup de la mviholoçrie scandi- nave, doit le jour aux amours du loup Fenris et de la géante Gigour ; lors du crépuscule des dieux il avalera la lune. Hâté veut dire qui hait; Maanao-armour siç-nifie dévoratcur de

o o

la lune. Comp. M as A.

MABOL\ , le mauvais principe chez les Caraïbes , passait chez ces ignorantes peuplades des Antilles pour l'auteur des tempêtes, des tonnerres, des maladies, des éclipses, des appa- ritions fâcheuses. Sou plus grand plai- sir, disaient les sauvages, était de revêtir des formes hideuses et de rouer de coups les pauvres mortels effravés. Pour fléchir sa colère, ils portaient au cou de petites images , représentations fidèles àas formes snus lesquelles Mahoïa leur avait rendu visite, et accomplissaient en son honneur i\t% pénitences presque aussi incroyables que celles des péni- tents hindous. Ainsi, par exemple, on les vovait se lacérer la chair a coups de couteaux, et faire couler de leurs corps enlr*ouverls àes rui.sseaux de sang.

^LVCAK , mLku^j fils de Rhoile f t

LV.

a MAC

cllIclios(li' soleil), lu3.,«o^^oinlelnc^rt avec ses frères , Tciiagcs icur frcro coramnn, cl se rcfiii^ia (ians TiJe do Lcs!>o.s (jtii prit (le lui le n.'.t'i i'e. Wacarie.

MACARl^E, Macarlls, hiccxa- #i(/f, fils(l.tole, commit un incesle avec sa sœur Cacacé , s'enfuit h Del- plies (jua-.tl tolc voulut punir ce cri- me par la mort des deux coupaJjles, cl se fil adraelire au nombre des p- cires d'Apollon. Cinq autres ÂIacariÎe furent: un Ljcaonide ; 2*» un fils de Jason et de Mcdce (d'autres le nomment Mermèrc;; un Lapilhe qui, aux noces de Pirithoiis, tua le ceutnure Erigdupe ; 4** un conipaguon d'Llysse, qui, a ]Né- rite, finit par se fixer a Caïètj?; un fils de Crinaque, qui a la tête d'une troupe d'Ioniens passa d'Achaïe dans l'île de Lesbos , cl donna aux deux villes principales qu'il bâtit les noms de Métliymne et Milylène, ses filles.

MACÀ lUE , V.ccKo.pU , fille d'Her- cule cl de Dcjanire. cl par conséquent sœur d'HvUus, se tua elle-même pour le salut (les Iléradidcs, h qui l'oracle avait promis la victoire sur Eurys- thce, a condition qu'un des fils d'Her- cule se sacrilKTail pour l'rrmce des Hcraclidi's. Les AUiéniens lui consa- icrèreol un temple sous le nom d'Eu- démonie ou la Félicité, et appelèrent Mararic la fontaine de Marathon. Macaric est l'héroïne de la pièce d'Euripide intitulée \os> Hcraclidcs,

MACAKTATE, M«x«^r«r<,;, hé- ros dont on monlrail le tombeau dans Athènes. Macartatos est le super- latif lie MciC(n\ heureux, usité dans le fiens ^ immortel ^ dieu.

IVLVCKDISrî, Macf.d:<i:s, ^\kxi^. »of , un des cinquante ''Is de Lvcacu, ne figure point, comme ou pourrait le croire, au nonibrc des person- nages mythologiques à qui Ton atlri-

ÎMAC

bue l'origine du nom de Macédoine. MACÉDO, dieu égyptien que les Grecs égyplianisants disaient aroir la tête d'un Joup. Eils dOsiris et frère d'Anubis, il suivit son père lors de sa grande expédition dans la Perse et les lodeg, et, disent lei mythographe» du monde romain , forma i'avant- garde de l'armée conquérante, comme Anul'is, ce dieu à tête de chien , en formait l'arrière -gjrde. Emblèmes frappants, ajoute-t-on, de l'impétuo- sité et de la vigilance: de l'impétuo- sité dont l'avant - garde doit faire preuve 5 de la vigilance, qualité néces- saire k Tarrière-garde. Mais, comme on peut le voir à l'art. Am'BIs, le prétendu dieu a tête de chien n'est qu'un dieu a tête de chakal, et Ma- cédo lui-même n'est autre que ce dieu. Les Grecs, assez superficiels dans leurs observations, prirent la tête d'Anubis tantôt pour celle d'un chien, tantôt pour celle d'un loup 5 et com- me évidemment le dieu h tête de chien devait différer du dieu 'a tête de loup, ils imaginèrent Macédo. Resterait a décider jusqu'à quel point ce dernier nom fut égyptien. Etait-ce un surnom d'Anubis considéré relativement aune de ses fonctions et à une de ses for- mes? était-ce un nom local, primiti- vement renfermé dans l'enceinte d'un temple et dans un cercle de dévots? était-ce enfin ure dénomination syria- que, arabe, éthiopienne ou grecque? C'est ce que jusqu'ici on n'a pu déci- der. Quoi qu'il en soit , le culte du dieu a tête de loup parut a nombre de Grecs aveir été plus particulière- ment répandu dans deux villes éL;vp- liennes qu'en conséquence ils nommè- rent Lycopolis (i), tandis que deux

(i) ("In disjîl lubsi J.rcon , I.rcu on I.rcou , t.rcô, ri en «joutant polis , Lrcom polis , I.vcup. etc., qDPlqiie(ow prul-élre en latin J.uporum. nom Sioutli qne nous avons douni- comme IVqui

MAC MAC 3

autres, vouées au culte da cliieD, re- que confirmait justement la coexis-

çurent celui de Cynopolis ou Cynôn lence d'une constellation du loup ad-

(Ktfv<3îT(JA;?ouKu»5v) (2). D'après cela, mise dans tous les planisphères céles-

qiii croirait à l'existence de quaîre tes. On peut voir, a Part. Lvcus

villes? Il n'en est rien. Caus les deux quel rôle aussi important que my-

Lycopolis. comme dans les deux Cj- stérieux et varié le loun, animal ou

nopolis. on adorait le guichetier in- constellation ou simple mot homo-

fernal Annbis et la différence des njnie , vient jouer au milieu du

dénominalionshelléinquesn'avaitpour cnlte tout solaire d'Apollon. Il est

origi:ie que la différence légère des impossible que l'union cl'Osiris Mieu-

effigies divines. Toutefois les anciens soleil semi-humain des légendes éo-vp-

cux-mêines firent justice de ce double tiennes) et de Macédo n'ait que.l-

cmploi, et réservèrent le nom de Lv- que rapport avec ApoUon Lycien

copolis ou Siouth a la ville actuelle et toutes les personnifications de ce

d'Aciouth ou Ociouthdans le Saïd à genre. En effet, un trait du mj-the

une demi-lieue du iSil , et celui de d'Osiris montre ce prince sortant

Cvnopoîis k El-Chiz (3). Il est pré- des enfers sous la forme d'un loup

sumable que p'us tard ces déuomina- et venant ainsi conribattre Typhon,

tions furent prises k la lettre, même Ici le dieu-soleil n'est plus séparé

autres que par les Grecs, et du dieu-loup, il est louu lui-même

ioiip joua un rôle quelconque (qui ne songerait k Ajiollon Lvcien

:?s rites et dans le cérémonial. Avx.icç})^ ce qui ne lempèche pas

prises a la lettre, même Ici le dieu-soleil n'est plus séparé

par d'autres que par les Grecs, et du dieu-loup, il est louu lui-même que le dans le«

Plutnrque racon'ie(/5/^. et Osir.,-p. de liiiter avec un diej-loup, le per-

38o d'éd. Xjl. ) qu'k-Lycopolis seu- ver- Typhon (qui ne son^-erait k

lement les. habitants osaient manger Apollon Lycoctone, AyxojcroW, c'est-

dii mouton; ce qui, de quelque ma- k-dire tueur de loups?}. Il est inu-

nière qu'on entende la proposition, tile de réfuter l'opinion de Pindarc ,

indique au moins un usage générale- qui dit le plus gravement du monde

ment pratique a une époque solennelle que. comme Anubis, Macédo était un

de l'année. Les deux chiens [ou plutôt des généraux d'Osiris : qu'ils étaient

chakals) qui, dans la sphère antique, revêtus, le premier d'une peau de

gardaient les deux points soîsliciaux chien, le second d'une peau de loup,

(comp. Clément d'Alex. , Stroni,^ ou, selon quelques autri-s, qu'ils

V, 7 , p. 671, éd. Potier), et qui avaient des cas(|ues ornés, le premier

dans la réalité représentent k eux d'une tête de chien, le second d'une

deux le seul Anubis [Voy. ce nom) tète àc loup,- que nalurèliemt-nt on

ont pu aussi corroborer l'erreur*: les désigna par les noms de g^hicral k

l'un aura été pris pour un vrai chien tète de lonp, elc. , de. (Diod. de

sidérique , l'aulre pour un loup, ce Sic. liv. I, cli. 18). Nous ne men-

tionnons de même que pour mémoire

Talent rfrypticn de Lrcopoiis , sVciivait, scloa ^^ fondation du Toyaume de Macé

t:hainpollion (/;Vr/>r sous les Pharaons), Siaoulh doine par Macédo (le même , I, 2 o)

a Ihebain.Jraofif ou Jioott/ en memphitiqiie. n 3 r •. ii i

(*) Ou même tout siinpicmc.rt c yn os . Pline ^^ deruicr tait pcut aller do pair avec

(Wst. nan,r uv. V chap x) rappelle Cauum h fondation de Maronée par Maron,

( ::Ous-cntcn'lu o/>/7/rf(;/7j;. I, ancien lioiîi t-'vplicn •,. j > r /■«

f toujours snivaut Chainpollion) vl a\l ' Cais Cl lllllle autrcs OC même toTCe. LomO.

*^7r vitaif^î:" »,•..' Ka^ier, iMylhoL, p. 2^7 du t. H.

(j; ^uIr;al^cIne^t on veut que c'ait clcMiuich; -^, i, ' c i

mais cette opinion est fausse. L CSt par SUltC d wn'y^ CCniUSIOD p!us

4 MAC

bizarre encore que (jnel(|ues myllio- graplics ont fnil de Macédo un pt-lit- tiU (le Dtucallon. Dans le cas Ton tiendrait h concilier celte généalogie avec celle r(iii donne Osiris ponr t)èrc an dieu-loup ou dieu - cliakal, il faudrait ne le faire Ueucalionide (jue du colc de sa mère. Or, juste- ment les Iradilions parlent d'une Macédonie cpii doit le jour h Jupiter cl a Tliyia, lille de Deucalion. Il y au- rait donc ici, outre Taljsurdilé du fait primitif (Macédonie qui donne son nom a la Macédoine), identité d'une uynipbo et d'un dieu. Ln rappro- chement qui n'ej.t pas sans intérêt , quoique vraisemblablement le ha- sard y donna lieu, c'est celui de Maccdnc le Lycaonide avec Macédo. Les deux noms sont presque b s mê- mes, et Lvcaon par sou nom comme par sa légende rappelle Tidée de loup

(A'.'KOf).

MACÉDOiSIE, y.ccKièoyfx, fille de Jupiter et delà Deucalioiiidc-Thyia, donna son nom "a la Macédoine. C'est la Macédoine personnifiée. De la chaîne de monts qui rampent entre la Tliessalie et l'Epire rayonnent au sud la Grèce propre 1 1 le l'élopouèse, au nord la Macédoine. Or, comme Thes- sale lui-même, Deucalion est la Tlies- salie pei sonnitîée. Macédonie de.^cend donc naturellement de Deucalion,

MACÈS, de Huthrole, fit (jualrc fois le saut de Lencade, tt (jualre fois, selon les prêtres du beu . il fut radicalement ;^uéri de laniour (jui le maîtrisait et le reiulait malheureux.

MAC-GRIArS, MAC-CITLL ou Macuill, MAC-CEACHT ou Ma- ceacht) sont les trois divinités de« Tuatha-Dadan de l'Irlande. Pris com- me hommes, ils se nommenlEa-Thoir, Cca-Thoir, Tea- Iboir. Ou Icir don- ne aussi les noms de \ ar, Jurka, Jur- kat.i;; autrement l»rias, Juclior, Ju-

MAC

chorba. Et ici un fait remarquable se présente. Var-Brias , Jurka-Juclor, Jurkata-Jucborba descendent, dit-on, deCuîil, Ceacht et Grian : Mac ayant siirnifié fils^ ils sont donc bien Avi Mac- Cuill, Mac - Céacht et Mac- Grian. Ce n'est pas tout. Cuill et Mac-Cuiil, Céacht et Mnc-Céaclit, Grian et Mac-Giian ne diffèrent pas. Dans la mythologie un même être est dieu et homme. On en fait alors deux personnes , et 1 homme est fils ou descendant du dieu. Comme dieux, Cuill, Céacl'.t et Grian ont pour grand-père Dajibda.

MACHA, héroïne irlandaise. P oy. Mo^■GH-^lrADH.

MACHAON et PODALIKE, Ma- ZAai^ Uo^uXufio; y sonl , dans la m\lholog:e grecque , les deux A>clé- piades, les deux iils eu qui se délègue Esculape (Asklêp). On leur donne pour mère soit Epione , soit Arsiuoé. Leurs noms semblent indiquer la mé- decine {f^h^oç^ ^«/;»f ) ^t ^^ chirurgie (wc^a, At<;«o«? ku'i^ul). jNul doute que ce ne soient des dieux , des êtres tout aliégoriqucs, des Dioscures mé- dicinaax comme les Acouins de l'Hin- douslan. On les donne de plus comme habiles chasseurs. La mythologie épi- que les a transformés en hommesj ils guident les troupes dOEchalie au siège de Troie. , Machaon guérit Ménélas bles'é d'un coup de flèche j Pudalire , attaché au chef suprême Agamemnon, rendit de même de grands services aux Grecs par sa science médicinale. Machaon, selon \ irgile, fut un de ceux qui s'enfermè- rent dans le cheval de bois; la tradi- tion ordinaire le montre tué par Eu- rypyle, fiK deTélèphe. Podalire sur- vivant à la ruine de Iroie, fut porte par nu naufrage en Carie, y épousa Svrna, la fille d'un roi du pays, et reçut en dot la péninsule sud-ouest

MAC

qui fui depuis la Chersouèse dorique. Àlacha ou avait un loinbeau el uu tem- ple a ]\îessèDe; Podalire était liunoré de inè.'ne à Dauiile dans la Carie.

MACISTE, MÂkittô;, Atiiaman- tide, alla s'établir en Triplivlie, il donna sou nom à une ville dont on lui allrlijue la fondation. ^Maciste était aussi un siirnoin d'Hercule.

MACRIS, 2vî<c>ic;,', l'Eubée per- sonnifiée. Cette î'c à forme oMongue {tcxKncç) est extrêmement ferille. On en a lait une déilé nourricière 5 et, comme tel!e, c'est Baccims que i o!i a confié à ses soins. Mercure , dit-on p-us tard , le lui apporta. D'autre part, TEubée éîant consacrée h Jun on, on ju^ea qie la déesse devait trouver mauvais que la nvmpbe élevai le (ils d'une de ses rivales, el \oi\ écrivit que la nvinpbe Macris, chassée de l'Eubée par junon , s élait transp()r- lée à Phéacie (Corfou), elle nourrit de miel le dieu enfant. F'héacie, en récompense de Tlinr-pilalité qu'elle avait accordée a l'inmorlelle fuj^i- llve, devint aussi fc-rtile cn:e i l'e d'Enbé.-.

MACUOSIRIS, Mci^pco-.;,'; ou Mxx.pû(nDiç., c'esl-k-direle i^randOsi- ris, aurait élé, suivant la L-gende albénlenne, un énorme géant. Suivant Phlégon , on retrouva un jour sou corps près d'Athènes, dans un tom- beau de cent pieds de long. Ce conle, comme tous ceux de même genre, fut du sans doute a la découverte de quelques ossements fossiles de dimen- sions extraordinaires. Les Mé.-alo- saures, par exemple, n'avaient pas raoiîis de quaranle-cinq pieds les Mososaures en atlei'inaient soixante el phis,' ou a trouvé aux enviroas de Ba'ionne des requins fossiles dont les os annoncent une taille de plus de :;!):. xante-dix pieds.

MACUSAM, ]\Ucv3A:ivs ou Ma-

TVIAG 5

GusA^■us, grand dieu dont le culte semble avoir été porté Irès-loin , a été pris pour Hercule et pour ISep- lune. Des m.édaiiles de la famille Posthumia portent le nom d'HERcuLi Magusa>o que Ton a dérivé de la Ville de Magusum en Afrique. Une statue découverte dans l'île de Wal- cher?n (Zélande) présente ce même Magusanus un bident dans la main gauche, un dauphin dans la droite, une couronne de roseaux sur la tète. Il est impossible de ne pas songer ici à j)^eptuue, que justement des mé- dailles de la gens Poslhumia repré- seultnt dans la même altitude et a'.ec les mêmes entours. Ceci posé, qu'esl-ce que Macusara? un Hercule.* uu ISeptune.^ On peut penser à un Hercule-Neptune : 1 Hercule de Tvr vovage ; il passe le bras de mer de Gadès dans une coupe ou bari sacrée' il i)riHe, Palèque immorlel et lulé- laire.àlapoupe des vaisseaux: il court, et. frète Pviélicer le, se plonge dans les eaux. Ajoutons que pour des peuples navigateurs (les Carthaginois, par exemple) le dieu des mers dut êlre la lorce suprême. Si, comme ou la dit.

Le tridc:;! «îc.tVplune est le sccii're du monde,

rKerculeVrai, c'est Posîdôn. Magu- sam a inspiré au baron de Donoj) un traité en deux volumes, dûs iMagu- saiilyclia Europa. Il voit l'Europe entière, et même une p^rlie de l'A- sie, peuplée par les i\Iagas(/'Oj'. l'art, suix anl).

MADIiOU et REITAIiHA, géants sivaVtcs opposés au bhavauisme , fu- rent subjugués par Mahamaïa, iudi- vidualisaliou brillante autant cpie ter- rible de [>havani-Dourga.

MAX, iUAGLS, dieu phénicien (U grand mage, le mage modèle), élait le père de Misor [Voy. ce nom). Oa l'appc'ail au^bi Amvn (Amoun).

6

MAG

MAGA est , dans la mylliologie hindoue , le fils du soleil et le pelil- filsdii dieu archilccle Viçouakanna. Des traditions lui douuent pour père A^ni (le feu) du cœur d'Aditia (le soleil); jNikchoumba (Timinobile) est sa mère. Il habitait une région mys- térieuse qui est le pays des Saces. Sanil)a guéri par le soleil et voulant lui dédier sur les rives du Cliinab la statue d'or pur qu'il avait fait exécu- ter en sou honneur, Samba, puissant dansllambou, alla chercher Ma^a dans sa résidence chérie , l'enleva .sur l'aigle blanc de Viclinou avec dix- huit (aii-illes sacerdotales, et le déposa dans Sambapoura. Maga consacra la statue du soleil, et reçut eu don la ville de Sambapoura avec de grandes richesses. iSous laissons de côté les riches détails du mythe, r.ais il est essentiel de noter les points suivants, i" La légende de Maga in- dique Timporlalion d'un culte étran- ger du nord dans le sud. Plus dua exemple de ces colonisations pacifi- ques d'un culte étranger, provoquées par les seclaleiirs du culte indigène, se trouve dans Tlnde. Un empereur mongol fit ainsi venir des Bouddhistes du Tibet pour civiliser ses guerriers. Celte colonisation est pacifique. 3" Elle est favorable au vichnouvisme: Samba d'abord avait été Tenncmi de Kiieima. i'^hcs Magas sont une race sacerdotale. Le pays ils s'éta- blirent porte le nom de Magada , le même que Sikata. Dans le pays même d'où Ma}ra est dit originaire habitent tpialre castes, les Magas, les Magacas, les Manacasct les Magad '.s qui correspondent exactement aux quatre castes hindoues. Les noms mê- mes indiquent que â"u\ au moins d'entre elles se rattachaient aux Ma- gas. 7° Les dix-huit familles sacerdo- tales venues avec Maga s'unirent aux

MAG

Bodjakas. castes guerrières issues de liodja. La loi des castes ainsi vio- lée fut mise en oubli dans le pays de Magada. 8" C'est aussi dans le pays de Àlagada que nous voyons naître la religion bouddhique qui abolit expres- sément le système des castes. Le berceau véritable de ce libéralism» religieux ne doit-il pas ètrecheicht dan^ le plateau placé aux frontières septentrionales de llnde? Il est aisé de voir que Maga et Mage ne dif- fèrent poi:.l. Ces Magas qui habitaient au nord du Kaboul dans la région «e trouve l'antique Baclres faujourd. Balk) ou Zariaspc, ont jeté des colo- nies et des idées dans la Perse d'une part , et de l'autre le long du Caucase el dans la ïransoxane. La Sarmatie, l'Europe entière, les îles britanniques mêmes connurent le nom de Magas et vécurent sousTinQueucede celle idée.

MAGADA, c'est-a-diie probable- ment Magd ou Maedchek ou Maida ou quelque mot analogue , était la décsie favorite des Saxons. Ce mot veutdire^//d ou vierge. Aussi les mvlliolo£:ucs l'assimilenl-ilsà une Vè- nus. C'est sous Cbarlemagne que fut abattu sou temple long-temps res- pecté par les Huns el les Vandales. Les i\iagadas sont une des quatre castes (|ui habitèrent le pays des Saccs.

M AGAIS'CE. Magantius, ou MO- GOINCE, MoGostius, fonda Maïen- ce (Mogouliacum). Celait un des 'J'roveiiS qui , échappés a la ruine de leur ville natale, se réfugièrent, comme Fraucus, sur le continent eu- ropéen, et ne purent trouver d'a- sile qu"a sept cents lieues de leur pairie.

MAG.\RSIDE, Magarsis, m^- 'jufs-15^ Minerve a Magarse en Cili- cie, elle était honorée comme une déilé médicinale ( Mincira J^Jcdica),

MAH

et en conséquence représentée sans égide et avec un serpent dont les plis volumineux enlacent sa taille.

MAG^SÈS, M^yvsisj un des fils d'Eole et d'Éuarète, épousa une Isaïade dont il eut Polvdecle et Die - tys, qui tous deux se rendireut plus tard dans Tile de Sériphe {Ser/b), et s'y établirent. Apollodore, I, 5, 3, lui donne encore un troisième fils, le célèbre prince thracePiéros, père des Piérides. Eustathe, suri I/iade^ dé- roule loule sa généalogie descen- dante, Alector son fils, Héinon son petit-fi!s, Hvpéroque son arrière-pe- tit-fils ^ suivent ïenthrédon bis-ar- rière-petit-fds, Protnoos tris-arrière- petil -fils. Protboos conduisait \âs Magnètes à Troie. EnHu le Sc]>o- liasle d'Euripide {sur la Phénic.j V. 1740) assigne h Maguès pour fem- me Pbilodice, pour fils Eioaée ei Eurjnorae. On lui allribue aussi Torioiiue du nom de Mag-nésie. îSous savons a quoi nous en tenir sur cette espèce de mythologie. jNIagnès veut dire les Magnètes et la plîige habitée par les Maguètes. Le sens historique de la légende sera.it donc que les Magnètes élaient de race éolienue, qu'ils peuplèrent Lesbos, qu'ils jetè- rent des rameaux vers la Thrace. Un autre Mâgises , fils d'Argus et de Përimèle , descendait en conséquence de Phryxus par son père, d'Admèle par sa mère. Il fut père d'Hvménéc, et régna dans la Maguésie. C'est aussi un de ceux dont les légendaires ont fait l'auteur du nom de ce pays.

MAGUS, chef rulule lue par Enée.

MAH, Ized delà lune dans la my- thologie zoroaslérienne, est |irésenlé comme mide. Comp. MA^'A , Ama- zones, eic.

MAIlAIiALIousimplemenlBALI, géant tcrriblej avait oblcnu la souve-

MAH 7

raineté des trois mondes. Fier de sa puissance, il se regarda comme l'égal ou plutùt comme le supérieur des dieux. D'un avis unanime les dieux chargèrent\ ichno'ude punir l'insensé. A ichnou, qui jusqu'alors sélait incar- né q :atre fois, mais sous des formes animales, emprunta les traits du brah^ me-nain \ amana, et se présentant de- vant le colosse couronné le pria de lui donner trois pas de terrain. Maliabali se prit a rire, et jura de lui accorder sa demande. Soudain \ amana dévtdoppe des jambes immenses , il mesure la terre d'un pas , le ciel de l'autre, et du troisième il va embrasser les en- fers , lorsque le géant pliant les ge- noux devant lui le reconnaît pour mailre et seigneur, et coniesse sou infériorité. Vichnoa lai laisse la sou- veraineté des enfers, et prend a cette occasion le surnom de Triv'ikra- ma ^ ou aux trois pas. Au reste, ou ajoiile que chaque année, au mois d'août ou de novembre, le géant pa- raît sur la terre, livre bataille au dieu, et vaiicu de nouveau se replonge dans l'abîme. Bali est une incarnation de Siva.Sa lutte coutre V^amana indi- que celles qui eurent lieu entre le vichnouvisme, représenté d'abord par d'humbles brahnies , et le sivaïsme, fier d'avoir pour adhérents les Rcha- triias. pour chefs des rois. I! faut se garder de croire cependant que ja- mais Bali ait existé, et encore bien plws de croire a l'identité de Bali et du Bélus des légendes assyriennes. Bé!u5, c'est Baal; et Eanî, c'est Bali; nul doute î Mais Bélus, B.ial, Bali, n'ont eu d'existence que dans Tima- giniitiou des peuples. Au reste, Baal et Baîi , ce sont les ma lires et sei- gneurs : eh '. bien, un des caractères de Siva, c'est d'être roi, Siva Radja, Iça, Içouara, Mahéça, Mahécouara. La conversion de Mahabali, seigneur

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des trois mondes et i>nr ronsé(jiKiit du séjour lumineux , en IJall simple bonverain des enfers, esl curieuse et s'explitjue aiscmciil. Siva est noir et funeste : Kala , voila son nom ! Le monde romain a senti Tinfluence de CCS myliies dans ces guerres de géants et dans le rôle donné à l'iulon. ÎSa- turellomeiit Jupiler est dieu des trois inondes^il est Summanus; et Aïdonée signifie le seigneur : c'est par dé- doublement (ju'on voit apparaîlre Piu- ton , roi seulement de l'empire des morts, et Fluton au fond n'est que lui; témoin ce litre de Jupiitr In- Jcrnus qu'on lui donne si souvent. 11 est donc évident (jue Fiali et lama ne diilèrenl pas aujourd'liuij mais l'idon- lilé ne provient que d'une fusion des cultes.

MAIIAÇOI AUAGnAMA (.aot li mol la grandtcclicllcdcs sons) est aux Indes la gamu:e ])ersonniliée. Les sons se nomment 8ouaras , les modes Ragas. De la : la j:;aiiimc, Seplaka ( lieplade) ou Souaragrama ( 1 échelle àvs sons ), qui se compose A*:s sept sons, dénommés Sa, Pii, Ga, Ma, Pa, Da, IS'i; les Kaguinis, nymphes divines ({iii représentent les quatre systèmes fondamentaux de la musiipie indienne. Oi compte cinq Raguiuis pourtant; mais la cin(|uiènie, qui est eu un sens la priMuière , ré- capiluielcs(piatre autres, les précède, les coutierît. Dans une charmantcîrra- vure (/'^ Guigniaut , Irad. deCieu- zcr, t. IV, pi. xviii). la llaguinj prin- cipale sort (Pun puits, le viua dans la maiu gauche, et dans la droite une espèce de balance (/^"oj". Ragui- Kis). Sa, première note de l'échelle tonique, se nom-ne aussi Shardja. Souvent elle paraît «oiis les traits de Saracouati, déesse de -la musique et reine îles sons. Maljacouaragrama u'esl que Sa ouSIiardja iubUmée: par

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cûnsé(|uent c'est une Luballcrnisalion de Saraccuati. Dans la théorie bin- dotie, comme dans la nôtre , la musi- que dislingue dans une gamme ou dans un ton la tonique, la médiante (ou tierce) et la dominante (ou quinte) qui se nomment An'^a, Graha, \iaca. MAIIAÇOUMDÉRA, divinité pé- gouane, parcdre de Golama ou Sa- manakodom . se voit dans les temples de ce dieu réformateur. En Indochine, Mal),iccuimdéra passe pour femme; c'est grâce h elle que le monde se conserve, et c'est par elle qu'au bout du iouga funeste noussom:rcs, la terre sera brisée et l'univers plongé dans l'abîme du clsaos.

MA1iADj{VA, c'est-a-dire Siva, Grand Dieu : Vcy . Siva; et. pour Tc qui regarde la dénomination de Ma- hadéva, I^rahma, LUI, 487 et suiv. MâHâDI, le dieu desDruses, Ha- kcm, dans sa (pialrième incarnation; il cachait alors sa divinité sous les traits d'un conducteur de caravanes , pos- sesseur de njillc chameaux {Poy, IiAKF.M. Bio^r. univ.^ XL\, 52o). MAIIA-KÀCLAPA , le premier i\<:s, sîTcesseurs de Cbakia, fut en- terré a Koiiddhagaïà. Son tombeau devinl un pèlerinage célèbre ; et, dès le tin(juièmc siècle , des dévots eu graiîd nombre visilaierît des grottes (lui porlaienl les vesli^'cs dureliirieux séjour de ce personnage fameux. MAHAKALi. 'Foy. Kali. MAIIAIÎAIA , c'est - a - dire la grande Maïa : Maïa elle-même eu tant que femme de P>ral!m , et par conséquent identique k Sakti ou Para- Çitkli ; 2" Maïa , eu lant (juc Bhavaui (en celte qualité, on la voit dans le S;va-Pourana combattre contre les géauls Madhou cl kc.labua, ainsi que contre Mabécba et Mahécba- coura , et eniin contre les îiéanls Sl.'oumbha çl r>ijboumbha} ; 5*» la

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mère de Boiulclba. Celte cieiiilè.e u'esl qu'une incarnaliou de la grande déesse que, tour a lo!!r,on voit épouse de BrflbiTi sous son nom de ?*l;iïa, et femme des trois pcrsonnaj^es de la Trimoiirll^ sous les noms de Sii, de Lakchmi et de Bhavaui.

MAHAÎS'ATÎVÎA , la grande àrae, est, dans la cosmogonie da Manava- Dliarina-Sa^tra, une des émanai ions les plus hautes de l'Etre suprême, eu peui-èire rémanalion !a plus haute, ivlana seul peut lui disputer ce rang. Lorsque Souaïandjhou, devenu Pou- . roucha-Viiadj , développe Tcsuf d'or qui flotte dans les eaux primitives , soudain apparaissent cinq éléments ; puis, Ahankara, Tindividnalilé, Tii- dividualisation et presque la force iu- dividu:tlisanle' Mai^anatma, la grande âme, c'est-K-dire la vitalité univer- selle qui circule dans tous les me;rî- bres de ce vaste corps qu'on nomme Univers, et dont rinfluence le trans- forme en Kosraosj enfin Maiia, l'in- lelligence , la raison, la raison vo- lonté, le Logos. Ahaiîkara se com- plique quelquefois de Wana, mais plus souvent s'en détache. Les com- mentateurs du Manava-Dharma-Sas- tra varient beaucoup sur les agence- ments des huit principe^. Toutefois ils opposent tantôt les cinq éléments qu'ils nurcn:ent JMatras, essences le- melles, principes passifs, aux trois es- sences actives; tantôt les sept prin- cipes qu'ils qualifient de sept i^ou- ruuchas à Maiia ou \\ iMahunatma.

MAHAi>NA, le soleil dans la croyance d'Olaïti et ihs îles àcs Amis, appar'it avec des formes hu- maines; et, coirme tel. il prend le nom d'Euioa Tahoa, septième fils de Tane et de Tarra. Il épousa i" Tauna sa soeur qui, seule de toute la famille, était restée auîcieux, tandis que les autres frères cl sccrs dcscrmlaiept

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sur !a terre; Popoharra H.irél.a (|ui est la Roche personnifiée. Dupre- miermariagt* ileutlesircizemois (Pa- p'ri, Ovnounou, Paroromoua, Paro- romori,Mouriha,Hcacha. Taoa,Kou- rororera, Hnurian-;a, Teaire,Tetai , Ouéaho, Ouéa). La deuiième le ren- dit père de Tétouba Haraatou Ha- lou. Mahanna, en tnnt qu'homme , se métamorphosa un jour eu pous- sière. M'.ihauna est comn-:e un sep- tième Cahire, représen'ant du grand être Tane ou Tane -Tana ( alors androgyne; comp. l'art. Es-i:or>]; et ses treize fils rappellent Kaciapa avec les douze Adi'.ias ses fils (le treizième, con^me on sait, tient au svstème d'année lunaire ) : Taunou resseadde à la belle Adiîi et, fait reraaraualde! Mahanna. comme Ka- ciapa a deux femnies. Son incarnation n'est pas moins digne d'être notée. Yichnou-jKriehna , Souria , Baal-Bé- lus, Apol'on pasteur et maçon, et la lono:ue série des lé"is!:;ieurs so'ai- res dans toute l'Amérique tiennent h la même idée.

MAHAPADMA, un des quatre grands éléphants cjui portent le mon- de (c'esl-a-dire la terre avec les Souar- gas, etc.) sur leurs vastes épaules et sur leurs reins, occupe l angle sud de l'Univers. Les trois autres sonlYi- roupakcha (est], Saoumanaça (ouest), et Hiraapando ra ( au nord ).

MAHÉCHA ou kAHÉCHAÇOU-

RA (vu'g. Mauisiia ou iMaIIISUAsUIIA) est, dans la mythologie hindoue , le grand (maha) seigueur ( ica ou icha) des Acouras (génies funestes). Roi a la tète de bufile, il attaque les dieux , les bat, les met en déroute , les force a se précipiter surla terre ils men- dient. Sacadvipa ( le pays des Saces) est le lieu de refuge ils se réunissent. Cette fuite, cet a.-ile , rh;Mîible et presque ignoble rôlç auquel se con^

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(lamncnllcs dieux, rappclU-nt paifai- tcmenl cl la Giganlomacliie et le Iriomplie momenlanc des géants, et la fuite des dieux I)elléiiii|ues ea É^'vple, et la forme animale qu'ils empruntent pour se masquer. La vic- toire de i\Iabéchaçoura ne dure que peu d'iuslanls, c'est-à-dire en mvllio- O'MC peu de siècles. Les dieux battus et nieconlenls mendient , outre leur subsistance, le secours des divinités les plus hautes, Brahmà , Viciinou , Siva. Le premier confesse sou impuis- sance ; mais Vichnou elSiva, indignés de Tinsolence du roi des Açouras , se réunissent pour commciuer sa pu- nition. Viciinou pousse un long cri et fait lésonner sa conque; sou visage ravonue eu mente temps que ce- lui de Siva. De cesflols d'éblouissante et pi;re lumièie. dont s'iilum'ie la proloiuieiir de Tespcice, jaillit la puis- sante Maliamaïa, haute comme une montagne, armée de toutes pièces comme les dieux, guerrière aux dix bras ou aux dix énergies ( aux dix Saktis, que bientôt ou transforme en dix Alatris). Elle taille en piè- ces l'armée des Acourasj mais Ma- héelia revient à la charge, et sa ré- sistance ojiiniùlre jette quelque dé- sordre dans Tarmée lumineuse que comii.aude la ILiute Energie. Adroite et légère autant (jue forte et colos- sale, celle-ci projette sur lui le lacet qui prend h la course les chevaux sauvages et les taureaux furibimds. Mahécha saisi dans le nœud coulant qui presse son cou musculeux se transforme, pour éviter Tinstanl fatal (|ui doit lui ra\ ir eu même temps la victoire et la vie. Tour à tour, homme . élépliant, lion, il voit la puissante IMabamaVa résister à toutes lesformesqu'il revêt et qu'il emprunte. H en revient alors à son coi |k> pri- mitif; et reparaît sous les traits de

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Mahécha. Mal.amaïa triomphe enco- re, l'écrase sous ses pieds, lui tranche la tête et l'apporte, trophée hideux et sanglant, auxdicux réunis dansBrah- maloka. La ma";ie infernale se trouve détruite, et les déilés de la lumière entonnent un hvmue en l'honneur Mahama'j'a. C'est surtout dans lo Maï-sour que le mythe de Wahécha- çoura est populaire. Au reste , il n'est pas ddiicilc de reconnaître l'i- dentité parfaite des deux noms, ce- lui du pavs et celui du géant. Maïs- sour , c'est la ré-ion de ?tlahéchacou- ra. Holwell, en retraçant la lutte qui vient de passer sous les yeux du lecteur, a par!é des dieux qu'atta- que Wahéchaconra comme des an- ges , et de Mahéchacoura lui-même comme de Satan. Puis, ^oUnire est venu, et sur ces données a nié la pri- mitivité de la nairati(u de la Genèse sur la chute. des mauvais anges.

MAHÉCHAMOLUDUNÎ, la tueu- se debujp.es ^ n'est autre que Dourga- Bhavani qui, pendant sa guerre avec Soumbîia, revêlitdix formes. Legéant s'était changé en buffle pour la vain- cre 'Mahécha, buffle) Mahéchamonr- diniluint mordre la poussière. Sousce point de vue, Ganga est jeune, monte un lion, agite tantôt six mains, tan- tôt dix, et porte une conque, un dis- que, nue massue , un lys aquatique, un bouclier une longue lance ; sa queue est celle d'iin serpent. En gé- néral Mahéchamourdini nous semble peu diflérrr de Siughavahini.

MAllÉÇOlARi ( ou MAHES- A\ AKI) , c'e^t-a-dire / i ç^rande si- giiora^ est unedes huit Saktis ouMa- Iris éuumérées dans le Dévi-Mahat- miam. Elle préside au sud. On la re- présente montée sur un bœuf 5 ce qui a engagé Palerson a la rapprocher d'Europe qu'enlève Jupiter métamor- phosé eu taureau.

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l.MAIA,auxIudes,estlamêineque immense, gros des mondes en germe, Sakli, Paraçakti, e'pouse de Bialim. c'est loni * déesse , c'es Dévi j éner- Aiusi que Tessence céleste qu'on lui gle, on l'appelle Sakli ; Mère par l'é- duune pour mari, elle s'individualise nergie, elle est saluée du nom de en formes inférieures, et tour a tour Matri. Mais ladénominalion suWime, se présente comme femme du créa- celle qui couron-e et précise les au- teur, du conservateur et du grand très , c'est Maïa. Ce monde tant ad- modificateur. Ainsi elle est donc a miré, ce monde qui suppose tant d'ac- volonté ou Saraeouati ou Lakclmn ou tionsproduclriccsdislincleSjCe monde Bhavani. Le sivaïsrae Ta surtout ren- qui n'a pu naître sans une énergie di- due célèbre sous ce dernier uom^ et viue, sans uneparole divine, ce monde leur immortelle déesse a dans le Siva- matière , ce monde visible . tangible, Pourana, tous les caractères de Té- a tous les sens accessibles, ce monde, pouse de Brabm. C'est elle quieslla la réalite même, et au dire de quelques- mère de laTrimomti c'est elle qui est uns l'unique réalité..., eli bien! l'Inde la première vierge et la première vous le déclare, ce monde n'est pas: épouse j c'est elle qui est la mère uni- les pbénomèaes , illusion! la ma- verselle j c'est elle qui est la nature tière que nous voyons, que nous pal- diviniséej c'est elle qui est Floui pous, illusion ! les sens qui jugent et ( organe sexuel femelle, qui tour à qui croient a son existence, illusion! tour symbolise ctla passiveté, faute de l'harmonie que nous apercevons dans laquelle le créateur agirait eu vain ce grand tout, illusion! la beauté que pour produireles mondes, et l'activité nos àraes se plaisent k y saisir, et nos même que la passiveté semble receler lèvres a y proclamer , tout, dans ces dans ses profoudeurs^ 5 c'est la cause apparences (jui se dessinent sous no- lalenle au sein de l'être suprême j tre œil, est fantasmagorie. \jit\ï est c'est l'énergie (soit énergie exécu- comme substance, le w.ovÀe parait irice , soit énergie - voblion ], qui de temps à autre, et eu lui nous aussi après des siècles de Nivritta produit alors, nous hommes, nous . simples les mondes j c'est la phénoména- phénomènes, ainsi que le monde, <'7p- lilé. enveloppe illusionnelle de la y^â:/^/^^©^.?. Bientôt le monde cesse substance. Car, dans la mélapby- de paraître, et nous aussi. Et ici se sique hindoue, il n'est qu'une sub- dessine la loi éternelle: tour a tour stance, qu'un dieu : le monde nest Brahm est un bloc irrévélé rien que phénomène* etia substance seule ne se distingue; puis, Brahm se dis- est, et les phénomènes ne sont pas j tingue , se scinde, se fait substance ils apparaissent , rien de plus. Ap- et phénomènes. 11 y a donc tour a paraître n'est pas être, et ne pas être tour émanation et absorption 5 l'é- c'est n'être pas. En conséquence , le manalion est ce que l'on appelle créa- monde n'est pas; le monde n'est tiou; la réabsorplion de cequi émane qu'une collection d'apparences de vi- passe pour destruction. Des millier» sions, d'idées, de rêves, de phautas- d'émanations, de créations ont eu lieu; mata; c'est une série d'iIlusiou^5 c'est des milliers suivront. Quand la reab- la grande illusion. MaVa n'est pas au- sorplionest faite et que le monde n est tre chose. Elle a bien d'autres noms, plus, même en apparence, Bralim seul cette divinité suprême! vierge, c'est est; quand une émanation commence Yiradj ; femme , c'est Ivi j utérus Brahm est Brahm-Maïa. La réalité

lîi MAI MAI

ne cesse pulnL cllcf.mlasliijuese sent grnmlL'falsriise,lIllljyc(/'.cenoni),et

déjà; mais ce fankistifjuc j^ît dans la IHlhve r.u f( iid,«niVsl-ce, flnonMaïa,

rc:)lilé . ]\iaïa se dessine dans P.ralun. ?4«.é<, rAuiivTf>îa {'asage-fciîiine) ?

L'éponse, naguère ùbsorliée dans le- linmaniv.'e , c'csl iKve païenne, TÈve

poni , n!"(ji:ille pas K-s bras de 1\'- delà l'annllc d(* Japcl, TÈve des Dé-

ponx. Au resie, Maïa nnlnr.-illu- daliiles; c'est P:-ndore, la ])eanlé el

sion n\n est pas moins WaVa ni- la déception. Mais comp. ici a Maïa,

tiire -lieaulé. C'est qn'elfectivemcnl la Molianinuaïa , en appnrcDce sa con-

iialure a lieau nVlre (ju''a})parei:ce , tre-partie , Maïa e!le-inéftie sous la

cllo est I)eilo. Et (jue nous importe- face fune.sle.

(jue le monde so;l diosc idéale ou 2, MAlA, rr.ère de Mercure , eut

chose réelle , si Tiiléal nous cnclianiej cediiu de.Tupiler. Onla montre aussi

(juelcs fornus ne tapiss-nt point de nourrice d'Arcas. Quelquefois Cvl)èle

iond, si les formes sont charmantes j (ou TellusV) ou une fille de Faune,

3ue nulsuhslralnm n'élave ccsmvria- femme de Vulcain , semble lui dis- es de phénoir.ènes, si les pbénomè- pn'er ce nom. On sait que mère, ac- nés s'harmonient avec nos yeux et couclieuse et nourrice, dans la langue s'insinuent voluptueusement dans n' s mylhologiqueprimitivc ne lirent qu'un. âmes.^INous avons, le monde et nous, De même nature , matière, terre, la mêmeréaîilé. Eufaul-il davanlai;e'.' lune, onde primordiale, ne diffèrent C'est jii!>lemcnt le fanlasmago:iquc , pas. C'en est assez pour mettre sur le périss.'ibîe . le changeant que nous la voie des interprétations vraies aimons- et cette substance vraie, im- qu'il faut donn.r ii la légende de muai le, éteincdle, qui jicut nous dire Maïa. On complétera ces notions eu qu'elle est belle .* Maïr. s'appelle aussi lisant les art. Ilithye et Maïa n" i, Mahamaïa. la grande Maïa. Funeste Faune et Ha>ou:>:an. Au reble , ou trompeuse, sans être utile, elle on fil de Maïa une des sept l'iéiadcs, s'appelle Molianimaïa. Presque lilles d'Atlas et fie Pléione. "Mais lou- toules les mylhologies se sont cm- jours les cultes, en se fondant, ma- parées de Maïa, c'est- a -dire de rièrenl ainsi les familles étrangères : queîcpies- unes de ses faces j mais la haute déesse, la sage-femme, Tii- c'est en (Irècc surtout qu'il est eu- nivers, fut liée au dieu-mont primor- rieux de la suivre. Elle s'y présente dial ; et, plus tard, cette fdle d'un sous desmas(]ues difléreiits: i" éner- Titan fut censée l'amante du cbef des gie, elle est devenue I\illas, puis- Cronides ou d'un de ses bis. On sa- sanle en armes, puissante en sagesse, crillait a Maïa une truie, assise a la droite de Jup'ter . époux ?■>. MAÏA, autrement IMajesta, di- de Ju!U);i , vierge par excellence et vinité locale dn L:;lii:nv, était honorée mèrepoiirtant(/^o>'. EracnTnoNirs) d'un culte particulier hTiisculnm. On vt même, assumaiil le rôle mâle, la disait épouse de Vulcin, cl le mois l'organe mâle dansla création (<I>«;.AcV- «le mai (Maïus) lui é:ait consacré Pa'ias, véritable Arddhanari ) ; 2" (Macrobe, Sat. 1. l, c. 12). Du res- cpouse,